Géronimots

jeudi 1 janvier 2015

LE MUSEUM OF MODERN ART DE PARIS, TEXAS




Longtemps controversée, l’architecture du Centre Pompidou paraîtra timide en regard de cette réalisation puissamment déstructurée du Nippo-Américain Fumito Fukushi  : Le Museum of Modern Art de Paris, Texas, localité célèbre depuis le film-culte de Wim Wenders. C’est un défi décomplexé que lance à la capitale française sa petite sœur texane, déjà riche d’une Tour Eiffel miniature (obliquement évoquée à même le toit du bâtiment?) et d’un slogan faussement modeste : « The second largest Paris in the world ». « Fuku », comme l’appellent affectueusement ses disciples, conçoit son geste architectural comme une « compression-explosion », dans le droit fil de son flirt poussé et maîtrisé avec le destroy art,  et dans la grandiose ambition de « jeter et mixer dans le réacteur nucléaire de l’Art, jusqu’à l’absolu de l’irreprésentable, les architectures du passé, du présent et du futur. » Il s’agit, précise « Fuku », sans se départir du flegme nippon, d’opérer «une surfusion des grandes réalisations mésopotamiennes, égyptiennes, grecques, médiévales, moldaves, poldaves, asiatiques, haussmaniennes, néo-contemporaines, tout en lançant une flèche acérée vers la transmodernité, dans l’espoir de la toucher au cœur. » Les habitants de Paris, Texas, seront-ils touchés au cœur par la radicalité de l'oeuvre que leur offre « Fuku » ? Vont-ils au contraire, quitte à l’adopter plus tard, quand elle  passera pour classique, la lorgner d’un oeil noir en grognant, sous leurs chapeaux à larges bords, « Fuck  » ?