Géronimots

dimanche 4 janvier 2015

EURÊKA!


S'enfonçant d'un bon pas dans le clair-obscur de la sylve, peut-être aura-t-on reconnu dans ce couple mature les fameux sexologues Masters (William) et Johnson (Virginia), las d'observer des couples dans des alcôves expérimentales. Et que cherchent donc nos deux savants, ragaillardis d'être enfin en pleine nature, et portant non sans fierté leur nouvel instrument de travail? Tout nous laisse à penser que cette sorte de géant préservatif, à manche aussi long que le cou du héron de la fable, devrait servir à recueillir la précieuse semence de quelque fabuleuse créature retirée parmi ces arbres, comme Nessie hante les abysses de son loch, ou le Yéti l'Himalaya. Dans l'heureuse hypothèse où nos deux savants, plongeant de conserve, à l'occasion d'une bruyante séquence onaniste de la Bête, libidineuse autant que celle, au cinéma, d'un Valerian Borowczyk, réussiraient à récolter le précieux fluide séminal, il faut inévitablement s'attendre à les voir tenter dans leur labo quelque mystérieuse fécondation, d'où pourrait bien naître une effarante créature qui âgée d'à peine deux jours, s'échappant à toutes jambes ou jambettes ... : et ne restera à nos deux expérimentateurs qu'à se lancer à ses trousses, sur le même chemin, armés du même instrument, dans l'espérance d'en coiffer leur créature pour la ramener à la maison ou, plus probablement, la noyer dans un marécage. Après quoi, dégoûtés de la science autant qu'un Bouvard et un Pécuchet suite à une énième avanie, nous les verrons qui se frappant le front, découvrant à l'instant, eurêka, un nouvel usage, inattendu, de leur instrument, vont gaiement se lancer, tel une Vera et un Vladimir Nabokov, à la chasse aux papillons!