Géronimots

lundi 9 février 2015

FINANCIAL TIMES


La mine effarée de cette jeune femme nous en dit assez long sur les ravages causés par la lecture de son Financial Times, s'ajoutant à ses récents déboires boursiers dont sa tenue vestimentaire est l'éloquente illustration,  réduite au port de ses élégants escarpins, et tout le reste est parti dans quelque fripe ... Il est à craindre, hélas, que ces vestiges d'une défunte splendeur n'aient à prendre sous peu le même chemin, et la malheureuse, si elle se résout à mettre le nez dehors, n'aura plus que son Financial Times pour tenter de s'en faire, mariant les pages blanches et celles saumon, une vêture minimale. Espérons que les feuillets du célèbre quotidien seront assez nombreux pour qu'agrafés les uns aux autres ils aient de quoi la garantir contre tout attentat à la pudeur, sinon la préserver de l'attention passionnée de nombre de messieurs qui, sur les trottoirs de Wall Street à Manhattan, ou du Loop à Chicago, ou de la City de Londres, n'auront pas manqué de s'approcher et voyez-les le nez collé aux froufroutantes pages, par devant, par derrière, en haut, en bas, sur les côtés, dévorant  des lambeaux d'articles du Financial Times avec un zèle encore jamais vu dans aucun bureau ou cabinet de courtier, trader, brooker, avocat d'affaires, agent de change, pouvant même aller jusqu'à  se traîner aux pieds de cette dame pour déchiffrer, sur les bandes de papier imprimé dont elle s'est fait des sortes de babouches, les plus absconses colonnes de chiffres, tronquées, et les plus abstraits fragments de graphiques ou de courbes montrant l'évolution des prix du pétrole ou de tel minerai même peu connu dont jusqu'à ce jour ils s'insouciaient.













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