Géronimots

jeudi 26 février 2015

EN LIBRAIRIE (2)

Dans le Salon Littéraire du 25 février, un article de Thierry Maugenest, auteur entre autres livres de Venise.net  aux Éditions Liana Levi ; Les rillettes de Proust  chez JBZ&Cie ;  La septième nuit de Venise, chez Albin Michel.

http://salon-litteraire.com/fr/jacques-geraud/review/1920767-photoroman-en-47-legendes


PHOTOROMAN EN 47 LÉGENDES

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PHOTOROMAN EN 47 LEGENDES de Jacques Géraud
Légende, nom féminin, du latin legenda : ce qui doit être lu  (Petit Larousse)

Au commencement, il y a la magie du verbe de Jacques Géraud. Il s’agit d’un phrasé très personnel, jubilatoire, méandreux, étiré, proustien diront certains en admettant cependant que la phrase du grand Marcel contient moins d’anglicismes farfelus, de latinismes, de calembours, de voltes, de pirouettes. Si bien que l’étude de la prose de Jacques Géraud devrait s’imposer à quiconque voudrait embrasser le noble métier des lettres. Il ne serait pas mauvais non plus que les professeurs revisitent enfin les paradigmes des figures de style afin de remplacer par exemple les sempiternels serpents qui sifflent sur nos têtes par cette phrase de la page 47 de Photoroman : « … sans que nul souffleur ne s’offre – mais ne serait-ce pas tricher ? – pour l’aider enfin à énoncer ce que c’est que ceci qui est sien… »

Après le verbe de Jacques Géraud, il y a ses mots. Qu’ils soient usuels, rares, oubliés, méconnus, ils ont en commun d’être choisis avec un soin rigoureux parmi les dizaines de milliers d’entrées du dictionnaire, dont on se demande parfois s’il n’est pas le livre de chevet de l’auteur pour le si bien connaître.  Prestesse, flapie, giberne, infrangible, boulange, remuements, pulvérulente et autres flaccidités… quel plaisir de (re)découvrir ces idiomes savoureux. L’auteur de Photoroman nous rappelle à chaque page que notre langue est belle et qu’il est salutaire de l’honorer ainsi, de la restaurer, de la servir.

Mais que dit-elle cette phrase ? Elle engendre et génère des légendes.  La légende, c’est tout d’abord un texte expliquant une photographie, un dessin (Larousse). Mais tout en légendant Jacques Géraud détourne. Quand d’autres choisissent les mineures, les fonds ou les avions, l’auteur (qui dérouta un temps les mots – Proustissimots   édition Champ vallon ) détourne ici le sens des photos ou  des tableaux qui lui tombent sous la main. Car il sait que la légende est aussi un récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l’imagination (re Larousse). Et en légendant à tout va, l’auteur s’en prend avec la même verve au quidam ou à Jésus himself, en passant par Lenine, Kafka ou Sartre, devenant ainsi le prophète d’une nouvelle mythologie, où  le Christ, ployant sous une poutre de belle taille, s’en va bâtir un chalet suisse en kit.

A côté des grandes figures religieuses ou littéraires, moquées et pastichées à souhait, Jacques Géraud s’intéresse aussi à la nudité féminine, rappelant avec un clin d’œil que de la satire au satyre il n’y a jamais qu’une lettre de différence. Il n’ignore pas que la tonalité d’une œuvre, musicale ou littéraire, est souvent donnée par le premier et le dernier mot. Ainsi, quand Proust commence son oeuvre par Longtemps pour l’achever avec temps, Jacques Géraud ouvre son livre avec épouse et le finit avec… nue ! Sex Gods et Jeux de rôle….

Et c’est pas fini. Le forfait Jacques Géraud vous offre aussi le blog Geronimots.

Pour ma part, je commence souvent mes journées avec la lecture des trois aphorismes de Chevillard, et je la termine devant une photo légendée de Jacques Géraud à cette adresse :
 Courrez-y, la littérature y est en de bonnes mains. 

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