Géronimots

lundi 2 mars 2015

UN DÉFILÉ DE GIANFRANCO

La sensation, au très glamour défilé de mode annuel de Miami, est venu de cet ensemble estival griffé Gianfranco Ferré. L'alliance pour ainsi dire oxymorique de la somptueuse cappa magna, dévalant à gros bouillons grenat dans le dos du mannequin, et de ce slip de ville diagonalement structuré, a suscité un engouement immédiat dont l'expression la plus emphatique fut donnée par cette jeune spectatrice, que l'on vit littéralement s'élancer vers le top-model de Gianfranco, avec tant de vivacité que le service d'ordre en resta cloué. Notre beau jeune homme, heureusement, ne se démonta pas, se contentant de ralentir sa marche, en avançant légèrement le bras pour parer à tout nouvel assaut de l'admiratrice, sans lâcher, non pas la canne, mais la pelle négligemment tenue dans sa main gauche, attribut dévolu sans doute à donner une touche de dandysme mais qui, en la circonstance, aurait pu fournir une arme redoutable, voire létale. Aux dernières nouvelles, alors que le défilé est terminé depuis belle lurette, que tout a été remballé, et que la place est vide, la jeune personne serait encore là, dans la même posture, immobile et comme pétrifiée, adoratrice d'un objet désormais absent mais que ses mains, toujours tenues écartées, ouvertes, s'apprêtent indéfiniment à saisir, et ses yeux restés écarquillés c'est comme s'ils voyaient ce qui n'est plus et, sauf pour elle, ne sera peut-être plus jamais? 












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