HONTEUX DÉTOURNEMENT

L’impudeur, dans notre société postmoderne avancée, n’a
décidément plus de freins, plus de bornes, si nous en croyons ce document où nous voyons une distinguée professeure d’un grand lycée parisien s’afficher sans vergogne auprès de ce garçonnet dodu, orné de lunettes de premier de la classe, à moins
que tout au contraire ce ne soit un sous-doué, voire un débile léger dont
l’enseignante n’aura pas balancé un instant à se faire accompagner dans les rues
de la capitale, pour avoir trouvé en lui le candidat idéal à l'emploi de gigolo ! Car ne soyons pas dupes du noble alibi culturel opportunément fourni par la statue de l’écrivain au pied de
laquelle pose le couple, comme si la professeure escomptait de cet auguste patronage
une bénédiction donnée par avance à ses agissements imminents, lorsque tout soudain, prenant
le pauvret par la main elle va le traîner sans résistance vers quelque hôtel louche où le soumettre à ses désirs, quitte à l’épuiser et le détruire en le forçant à se prêter à
l’assouvissement de vices si hideux qu’ils vont mener le misérable à un
tel dégoût de soi qu’il ira jusqu’à se jeter par la fenêtre !
Mais l’immorale institutrice sera déjà loin, marchant d’un pas allègre sur le boulevard, a-t-elle seulement tourné la tête quand à quelque vingt mètres du site de la débauche fatale elle a entendu le bruit mou du pauvre corps qui s’écrase sur le pavé humide, et n’est plus qu’un cadavre
anonyme ?