Géronimots

vendredi 25 mars 2016

"LA NIÈCE DE NÈGRE" NÈGRE DE MARCEL

Pas plus tard qu'avant-hier (http://geronimots.blogspot.fr/2016/03/marcel-proust-caporal-epingle.html), nous dévoilions la véritable mort de Marcel Proust, écrivain dans le civil, caporal en 1914. Quant au défi de poursuivre et parachever l'opus déjà considérable, mais troué de partout, comme venait de l'être le corps de son auteur, qui pouvait le relever sinon cette jeune personne qui du vivant du maestro habitait déjà chez lui, avec lui, partageait sa vie "complètement à l'envers", copiait la nuit sous sa dictée, écoutait  les récits enjoués que dès son retour il lui faisait de ses soirées mondaines, qui pour trouver de la place à ses ajouts avait inventé les paperoles et autres béquets, qui  répondait pour lui au téléphone, et d'une voix que l'on n'avait pas tort de prendre pour celle de Marcel puisque déjà elle était lui : celle-là même, sa gouvernante, judicieusement prénommée Céleste, dont en clausule d'un petit poème à sa gloire il écrivait "Spirituelle, agile, intègre / Telle est la nièce de Nègre" : monseigneur Albert Nègre, archevêque de Tours et doté d'un nom qui pour la nièce Albaret allait être un programme, réalisé sans défaillance par l'immense bourgeonnement, déploiement et prolifération du texte des 32 cahiers de moleskine rangés sur la commode de la chambre où Céleste avait pris la place de Marcel, où Céleste était Marcel, et comme, dit-elle, "Il était grand comme moi", elle pouvait être lui jusque dans le monde, et nul n'y vit jamais que du feu devant celle en qui revivait et par qui réécrivait feu Marcel.

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