Géronimots

mercredi 21 octobre 2015

FERRARI

En peinture Simone ! Alain Créhange , Fage éditions
Ce conducteur n’est peut-être pas trop content d'avoir reçu en partage une simple dedeuche, même si ce papier que, l'air de rien, lui tend le monsieur, depuis sa guitoune, pourrait avoir de quoi lui remonter le moral ? Surtout si c’était un bon d’échange de l'humble dedeuche contre une luxueuse BM, voire une aristocratique Jaguar, voire une rouge Ferrari ? Auquel cas, poussant à fond le foudroyant moteur, tout au bout de la route toute droite nous pourrions voir notre homme soudain s’arracher du bitume, et tout simplement décoller ?  Et déjà, tout réjoui, notre audacieux pilote perfore les gros nuages gris qui à son fulgurant passage, comme par  contagion, se colorent en rouge, et il grimpe toujours dans le ciel qui toujours davantage rougeoie tandis que la Ferrari se déteinte jusqu’à devenir de plus en plus terne, ternasse et même, comme usée par ses efforts de complète recoloration du paysage céleste, pourrait tout bonnement finir par disparaître comme si elle s'était  corps et biens abolie, désormais introuvable quand bien même le majestueux monsieur, qui officiait dans la guitoune, ayant pris son bâton de pèlerin aurait entrepris d’aller à sa recherche en arpentant, inlassable, les rouges édredons des énormes nuages, cherchant des indices d’autant plus insituables que, du pilote et du bolide abolis, ne subsiste, émané de nulle part ou de partout, que le vrombissement caractéristique sonorisant les célestes espaces illimités aux ondoyants reliefs, rouges, que le grand vieillard appuyé sur sa canne semble voué à parcourir sans fin.    

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