Géronimots

lundi 26 décembre 2016

HOTTISME




Au lendemain de noël, certains enfants n'ont toujours rien reçu de la part du Père Noël ! Inutile d'attendre, d'espérer, de sangloter,  de supplier : ces petits malheureux ne recevront rien du tout, non par l'effet d'un dommageable retard dû à une tournée trop longue, trop dure, mais par suite de cette maladie  psychique professionnelle, appelée hottisme par la Faculté, qui sévit de plus en plus dans la corporation. Le Père Noël affligé du syndrome hottistique oublie purement et simplement de "faire le job" ; au lieu de monter sur les toits pour descendre dans les cheminées inscrites à son parcours et déposer les cadeaux, vous le verriez marcher toute la nuit du 24 au 25 décembre, ployé davantage au fil des heures sous la lourde hotte de son état, que la distribution d'aucun cadeau, d'aucun joujou n'allège. Et lorsque, au matin du 25, il se présente au Bureau des Pères Noël, inconscient de son mal, et de la faute commise, il tendra ingénument la main pour recevoir sa paye, fera du scandale si au guichet on ne lui donne rien, s'accrochera de toutes ses forces à sa hotte que les agents du Bureau, s'y mettant à plusieurs, vont chercher à lui ôter, et s'il réussit à leur échapper, titubant sous sa hotte toujours pleine à craquer ce sera pour aller se jeter dans le fleuve, et s'y noyer aussitôt, entraîné dans le fond par le grand, lourd, haut panier d'osier arrimé à ses épaules et qui lui est comme une expansion de son être, un prolongement insécable, la hotte et lui ne faisant plus qu'un voué à s'engloutir.

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