Géronimots

dimanche 26 juillet 2015

LA CAGE

Ce gros bambin joufflu vient d'obtenir la jouissance exclusive et privative de ce surplombant balcon où le voici présentement encagé, mais jusques à quand? Tant nous avons lieu de croire qu'il n'aura pas tardé de mettre à profit la situation pour, déjà volumineux à son entrée dans les lieux, s'employer à croître, croître, et nous verrons bientôt son corps dodu et expansé peser de toutes parts contre le grillage qui l'enclôt, et soudain en faire éclater les mailles et l'armature : et, de là, trop longtemps comprimé dans ce Lebensraum bien trop chiche pour lui, c'est avec une célérité inouïe qu'il va, pour ainsi dire sans effort, par un essor continu de son être, acquérir de telles dimensions et proportions que ... : mais avouons que nous serions bien en peine, non seulement d'évaluer sa croissance, mais de lui fixer des bornes, tout juste nous risquerons-nous à conjecturer qu'atteignant un certain seuil ce pourrait bien être, comme si l'enveloppe corporelle n'avait plus de quoi contenir la prodigieuse poussée interne, la soudaine  explosion, et tandis que les lambeaux résiduels volent dans l'espace peut-être verrons-nous le coeur, l'énorme coeur rouler sur le sol, rouler dans la pente, et hors d'haleine nous le poursuivons, nous sommes de plus en plus nombreux à le poursuivre qui, roulant et dévalant, grossit, grossit encore et toujours, grossit dans notre champ visuel sans qu'il nous soit donné, en dépit de nos efforts, nous aurions beau, par moments, réduire la distance, de jamais le rattraper.


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