Géronimots

vendredi 9 septembre 2016

A PLUS TARD TOUTOU !

Rentrée littéraire


Au sein de l'amas des 560 romans qui viennent de s'abattre sur les librairies,  comment ne pas pointer celui qui, selon nous, domine tout le lot : A plus tard Toutou ! , aux éditions de l'Apocalypse, de Victorin-Irénée Pluchet  que déjà quelques heureux lecteurs,  usant de l'acronyme, voudraient appeler "VIP", un statut que la force, l'éclat de ce premier roman devrait en effet conférer à son mystérieux auteur. On ne raconte pas A plus tard Toutou ! qui opère le prodige d'entrelacer sur à peine 130 pages une bonne centaine d'histoires, tout à la fois chatoyantes et sombres, en un noeud unique dont il faudrait l'oeil d'un lecteur idéal, osons le mot : divin, pour pénétrer les arcanes. Et pourtant l'admirable phrase de Pluchet, nervurée, aérienne, dense, n'est pas sans produire un euphorique effet de glissement, mais trompeur, au vu des failles qui, d'abord subreptices, s'ouvrent dans sa texture où, lecteur ingénu, tu pourrais, sache-le, sombrer. Car Pluchet est dangereux, il semble guider là où il égare, c'est un roman au risque de la folie. Les libraires le pressentent, sans doute, et l'on ne s'étonnera pas s'ils s'empressent de reléguer A plus tard Toutou ! sur une peu accessible étagère ou sous une table écartée. Et s'ils venaient à l'oublier dans son carton, à la bonne heure ! car celle de Pluchet peut attendre, à supposer qu'elle ait à sonner jamais.

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